Le paradoxe du synthétiseur

Durant les années 50, le synthétiseur était, entre autre, le sujet de prédilection des laboratoires d’électro-acoustique, quand il n’était pas utilisé pour créer des bruitages pour le cinéma. Puis est venu le temps où il est passé aux mains des artistes à la recherche de nouvelles sonorités.

Dès qu’il fût popularisé, le « grand publique » et certains arrangeurs, aspiraient à retrouver une machine capable d’imiter de vrais instruments. Ce que la technologie d’époque faisait très mal.

D’ailleurs, déjà dans les années 40, un certain George Jenny présentait l’Ondioline, sorte de précurseur du synthétiseur analogique, comme étant capable d’imiter fidèlement les instruments acoustiques.

Cela était si ancré, que tous les claviers électroniques de la fin 70 au début des années 90 affichaient des sélections d’instruments imitant vaguement leurs homologues acoustiques : le son de la clarinette ressemblait au braillement d’un âne, la trompette à un grincement de porte et le piano à une goute d’eau tombant dans l’évier et tout à fait indiscernable du son de la prétendue guitare.

Depuis l’avènement de l’échantillonnage et de la modélisation numérique, la qualité d’imitation s’est améliorée en même temps que l’informatique évoluait. Aujourd’hui, sur certains claviers de bonne facture, il est parfois, sur enregistrement, impossible de faire la distinction entre le son du clavier électronique et celui de l’instrument qu’il imite.

Ca y est, en ce début de 3ème millénaire, le but ultime de l’imitation électronique du monde acoustique est atteint. Mais le paradoxe, c’est qu’aujourd’hui, les grands fabricants d’instruments électroniques s’évertuent à imiter les synthétiseurs d’époque !

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