Vitor Hublot, le sculpteur de sons

Le PAW (paysage audiovisuel wallon) était bien calme, voir ennuyeux, avant que ne débarque sur les plages de nos 33 et 45 tours la reprise très singulière d’un air folklorique, que dis-je, de l’hymne national des Wallons, la très célèbre « P’tite gayole ».

Jusque-là, elle n’avait été portée en « gloire » que par le poète d’Ecaussinnes, Julos Baucarne. Mais quelques années plus tard, un certains Guy Clerbois, natif de la ville voisine, et ses amis sortiront leur propre adaptation, mais pas que…

Une erreur typographique transformera le Victor Hublot en Vitor Hublot et c’est sous ce nom que dans la première moitié des années 80 sortiront quelques titres électro 100% cultes !  

Déjà le duo Guy Clerbois et Guy Delhalle, accompagnés de Chantal Talbot, sortiront, en 1983 le maxi « Aller simple » qui est pour moi un des chefs d’œuvre de la synthpop minimaliste (évoqué précédemment l’article sur Sandrine Collard), que l’on retrouve sur de nombreuses compilations de référence.

Mais ce ne sera que deux an plus tard que la bombe explosera, incrustant des fragments dans la tête de la jeunesse wallonne du milieu des années 80. D’ailleurs, ce nouvel an 2020, nous étions de nombreux cinquantenaires à faire les cons sur « Piron n’veut nin dinser » et évidemment « la p’tite gayole » sortis en 1985.

Les plus jeunes et les non wallons furent intrigués par cette pop très déjantée. Nous leur avons expliqué et surtout montré le clip, lequel fit consensus sur le fait que c’était avant-gardiste !

Mais je vous laisse juge

Tout ça c’était 185 millions de francophones, et moi, et moi… Superbe album, qui m’a été offert par Guy Clerbois lui-même, car je n’avais pas su me le procurer à l’époque.

Puis sorti en 1993« La dernière tentation du disque »,  les reprises de Brassens « Brasens selon Vitor hublot », toujours dans la même optique avec son complice Jacques Duvall.

2012 vint un nouveau projet avec Jacques Duvall et Isabelle Wery :« Contes de la libido ordinaire ». Un album qui fait du bien avec de magnifiques reprises dans le ton électronique et déjanté, tout comme l’est l’intégralité de sa discographie à l’exception de « Aller Simple ». Loin de la mode des covers, ici chaque titre est réinterprété et il n’est parfois possible de découvrir l’original que par le texte.

Vitor Hublot c’est ce genre d’artiste-artisan qui aime les choses bien faites et le fait pour la beauté du geste. Mais c’est aussi un artiste indépendant issu de la naissance du home studio.

Pour en savoir plus et découvrir ce personnage de musique électronique hors du commun sur sa chaîne Youtube et son site Web

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