De la calculette aux concerts holographiques.

1982 où au sommet des « hit-parades » trônait un groupe exhibant un instrument pour le moins intrigant dont les personnes ayant vécu cette période se souviennent encore du son étrange de cette calculette, clavier et boîte à rythme servant d’intro à ce fameux « dadada » de Trio.

Stephan Remmler et le célèbre Casio VL Tone dans le clip Dadada

Surtout connue pour ses montres et ses calculettes, Casio entrait en pleine postérité avec ce petit VL-Tone et ses célèbre Casiotone MT, pour devenir une sorte d’incubateur d’artistes de plus en plus créatifs et surtout ouvrir la porte à un univers de musiciens autoproduits dont certains sont parfois devenus de vraies icônes.

Cette scène, souvent appelée post-punk ou encore « new wave », est née à la fin des années 70, avec la démocratisation du synthétiseur et de l’enregistreur 4 pistes simultanées. Bref de l’arrivée des premiers home-studios. Tascam A3440, Korg Polysix sont certainement des noms qui parlent à ces pionniers.

La suite sera encore plus prometteuse avec l’arrivée du Yamaha DX7 et de l’ordinateur Atari 1040 ST.

Dans les cours de récréation, les ados s’échangeaient des cassettes enregistrées à la radio et parmi celle-ci, certaines autoproductions qui marqueront leur temps : Snowy Red, Vitor Hublot, à;GRUMH,…

Pour en revenir à Casio, c’était la marque par excellence qui a permis aux moins fortunés d’entre eux de mettre un pied à l’étrier. « Fuite au prochain lavabo » de Sttellla, « La fossette » de Dominique A sont des « premiers » albums qui ont été leurs premiers pas vers la notoriété.

Va t’en extrait de l’album La fossette

La série Casio n’a pas fait des émules qu’au début des années 80, début 90 Les Brochettes, célèbre groupe des soirées estudiantines belges, réalisent deux albums dont le clavier « cheap » fait partie de l’accompagnement principal.

Cette vague ne s’est pas arrêtée là et la suite est encore plus fabuleuse !

Lorsque j’évoque des artistes moins fortunés, il faut relativiser. Au début des années 80 de tels claviers coûtaient quand-même un mois de salaire d’enseignant, sans parler du multi-piste et de la table de mixage. Pour comparaison, un ami avait investi, fin 80, une année de salaire d’enseignant dans un home studio comportant un 8 pistes magnétiques, une table de mixage 16 voies, quelques effets, un magnifique expandeur FM/AWM , une boîte à rythme (pour la synchro smtp) et un sampler « worksation ». Tout ça pour produire un album de RAP.

A partir du milieu des années 90, l’ordinateur personnel se propage ouvrant la porte à des artistes encore moins fortunés, parfois même isolés et sans emploi. Un grand pas est franchis avec les sociétés Pinnacle et Creativelab, cette dernière sort en 1996 sa célèbre Soundblaster AWE 32 comportant un sampler 32 voies de polyphonie et un synthétiseur FM de 20 voies. A cette carte, pouvait être ajoutée une carte fille, souvent une Yamaha DB 50 XG.
Le totalement méconnu album « Summer hits » des Bernardo a été enregistré en 1998 avec ce genre de matériel.

Mais toujours plus loin, le studio virtuel accessible à tous.

Quand je dis peu fortunés, je parle même de personnes en situation de pauvreté qui, le marché de l’occasion informatique faisant, ont accès à des  synthétiseurs virtuels de bonne facture gratuits et des stations audionumériques offertes, ouvrant une porte à des enregistrements de qualité rivalisant parfois avec les grosses productions.

Et ce n’est pas tout, après le studio virtuel, la chanteuse virtuelle.

Jusqu’il y a peu, de bonnes connaissances musicales étaient souhaitées, mais aujourd’hui la plupart des stations audionumériques proposent des outils d’assistance à la composition.

Encore plus fort, l’arrivée en 2004 du logiciel Vocaloide de Yamaha permettant l’accès à une chanteuse virtuelle, toujours disponible, a donné naissance à un mouvement d’une ampleur telle qu’en Asie des milliers d’artistes, isolés et indépendants, créent de toutes pièces des enregistrements complets, chant et musique, allant même jusqu’à organiser des concerts virtuels où la chanteuse virtuelle, généralement Hatsune Miku, est acclamée par la foule en délire. Voir le phénomène « Utaite (plus complet en anglais)» et cette muse, ode aux synthétiseurs DX de Yamaha, qui déchaine les foules et cela dans la vie réelle.


Mais j’en parlerai plus en détail dans un prochain article.

Ura Omote Lovers du et avec, le talentueux et défunt, Wowaka (le monsieur à la guitare)

Alors, lorsque j’entends que l’on dit que les jeunes n’ont plus de créativité, je souris car la marche entamée en 1979 ne semble être qu’à ses débuts.

A suivre donc …

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