Allez, cette fois JV


On finit souvent par se lasser du rendu sonore de nos instruments, mais avec du recul…

Comme je le répète souvent, j’ai abandonné les instruments virtuels pour de très nombreuses raisons, dont la pérennité des travaux, parfois impossibles à reprendre quand un produit n’est plus développé. Cas que j’ai encore rencontré cette nuit avec un fichier datant de 2015.

De ce fait j’ai renoué avec « le hardware » et parfois du bon vieux clavier ou module du début des années, 90 ça peut faire plaisir. Mais une chose a changé depuis.

Jusque-là, j’avais presque toujours utilisé les « presets » du fabricant, mais avec ce retour en force sur le matériel, je suis de plus en plus dans l’édition de mes propres « patches » et je découvre des pépites que j’avais jusqu’à là ignorée.

Il y a encore 10 ans, je trouvais mon Roland JV-1010 totalement dépassé face à l’offre des « plugins » même gratuits, le redécouvrant aujourd’hui, je me rends-compte à quel point je m’étais leurré. De même que le Korg X3 que j’ai baptisé boomerang, parce qu’à chaque fois que je le donnais, il me revenait. Oui, les sons d’usines sont totalement dépassés, mais dépassés pourquoi ? Parce que ça sonne comme toute une époque où presque tout le monde se contentait, comme moi, des présélections d’usine.
Nous avons donc été bassiné avec ces « patches » faits par la firme.

Pourtant, Roland nous l’avait bien expliqué et nous avait même offert le fameux « Sound Diver d’Emagic » pour que nous éditions nous-même cette petite boîte.

Qu’a-t-elle donc sous le capot ?

Eh bien, comme toute machine JV ou XP (y compris les séries XV, Fantom, …) 4 oscillateurs à base d’une tonne de formes d’ondes, 2 LFO, une section filtres, des enveloppes ADSR, TVA et TVF (Time Voltage-controled Amplitude/Filter), un simulateur analogique (un trémolo quoi), un super multi effet (en plus de la reverbe et du chorus), … Bref, il ne s’agissait pas d’un « rompler » mais bien d’un synthétiseur à synthèse soustractive très puissant.

C’est quoi un « rompler »

Ah oui, un « rompler », c’est comme un échantillonneur « sampler », mais au lieu de lire des échantillons que l’on enregistre soi-même, il va les chercher dans une mémoire morte, appelée ROM. On remplace donc le « sample » (échantillon) par « romple » (mémoirillon ?).

J’ai eu des « rompler » et à l’époque, ils me convenaient très bien : Yamaha DB50XG, MU90R et Roland SC88, U220. Mais pour ceux-là, les sons sont figés et on peut à peine les modifier.

Si c’est le son qui marque l’époque, alors faisons en sorte qu’il y en ait le plus possible, comme ça, il sera difficile de repérer l’époque et plus rien ne sonnera périmé.

Malheureusement, connaissant moins bien Yamaha, excepté pour la série DX et TX, je n’ai pas de modèle à vous conseiller, mais pour ce qui est de Korg et Roland, tous les Korg dont on dit que la synthèse est AI2 et Roland JV, XV, XP, Fantom, D sont incroyablement éditables. De nombreux artistes les utilisent à nouveau et pour de nombreux modèles, la cote grimpe.

Il y a eu une forte vague de retour de l’analogique et je ne serai pas surpris que ces machines numériques des années 90 fassent, elles aussi, leur retour en force. D’ailleurs, je lis souvent que ceux qui avaient mis ce matériel au grenier, sont toujours surpris par le punch lorsqu’ils le ressortent.

Ah oui, j’oubliais l’essentiel : les éditeurs.

CTRLR JV Editor

La preuve du regain d’intérêt pour ces ancêtres, de plus en plus d’éditeurs voient le jour sur les principales plateformes. Il y a le coûteux et relativement exhaustif Sound Quest, mais surtout la série CRTLR et le petit dernier Edisyn en Java et en open source s’il vous plait.

Peut-être est-ce une bonne occasions de retrouver ce matériel avant que la cote et la spéculation ne les rendent impayables, comme le Roland JV1080, D(5)50 et le Korg M1.

Moi dès que je me serai refait, ce sera un EMU ESI 32, j’en entends que des éloges de ceux qui le ressortent.