Preenfm 2, la FM pour le bidouilleur de son !

Le début des années 80 a vu naître publiquement un nouveau type de synthèse, laquelle n’avait quitté les laboratoires d’université depuis son invention en 1973 par John Chowning. C’est 10 ans plus tard qu’elle apparaît sur la scène electropop de l’époque, propulsée par Yamaha et son fameux DX7.

Une synthèse qui, si elle est facilement assimilable mathématiquement par une combinaison de sommes et de produits de A sin(wt), a, en revanche, la mauvaise réputation d’être froide et difficile à programmer.

Certes, il est vrai que l’on peut obtenir des sonorités qui arrachent les tympans, mais pas que, on peut aussi avoir du chaud et du gras. Par contre, à l’époque, sa programmation est un véritable casse-tête. Heureusement que les éditeurs sur ordinateur nous sont venus à la rescousse vers la fin 80 début 90.

Depuis quelques années, un certain Xavier Hosxe avec quelques collaborateurs, travaillent sur un projet open source nommé « Preenfm », qui n’est rien d’autre qu’un synthétiseur FM tout à fait unique en son genre.

Pour ma part, comparé à mes nombreux Yamaha d’époque, c’est le meilleur que je possède ! Car si le constructeur Japonais a su décliner son offre de plusieurs variantes, ça n’a jamais vraiment rendu la synthèse FM accessible. C’est justement ce qu’un groupe de Français ont réussi, d’une part avec son éditeur PC/ Mac et même à partir du module lui-même.

Oui, parce que le Preenfm 2 est un « expandeur » FM matériel à monter soi-même (on peut le trouver assemblé) allant jusqu’à 15 voies de polyphonie et multi-timbre sur 4 canaux, reprenant l’essentiel de la synthèse du DX7, mais en plus, avec la possibilité de faire de la synthèse additive et soustractive.

Donc, 27 algorithmes de 6 opérateurs de multiples formes d’onde « sinusoïdales, carrées, triangulaires, bruit, …. et même personnelles » que l’on peut filtrer comme pour la synthèse soustractive le tout avec le contrôle, par patch, de 3 LFO, 2 générateurs d’enveloppe (en plus d’un générateur d’enveloppe par opérateur), 2 séquenceurs et tout ça assignable par une matrice de 12 entrées. Elle est pas belle la vie ?

Ce n’est pas tout, il y a aussi un arpégiateur. si si !

En résumé, il ne lui manquerait qu’un multi-effet, mais ça se trouve si facilement que c’est un détail.

Alors, le Preenfm pour qui ?

Bien, pour tout le monde. Idéal pour débuter en synthèse FM, pour le « sound design », combinant les 3 type de synthèse (additive, soustractive et FM) c’est un produit aux dimensions uniques. On le trouve neuf pour ± 200€ à monter soi-même ou 285€ assemblé (on peut aussi le retrouver à 200€ assemblé). C’est vraiment un instrument unique, le compagnon idéal du « bidouilleur » de son.

Par contre, si vous êtes plutôt un utilisateur de « preset », vous risquez d’être un peu frustré. Ceux fournis ne sont pas tous géniaux et même si on peut importer les « sysex » du DX7, ça ne sonne pas aussi bien que sur l’original d’autant que ça ne vous restituera pas tout le potentiel de la machine.

Le boîtier en métal est préférable plastique, car j’ai rencontré quelques difficultés avec ce dernier.

Il semblerait que Van Daal Electronics soit le distributeur privilégié, en tout cas, il est le plus souvent référencé ou si vous être un bon électronicien, le site officiel vous fournit toute la documentation pour le faire vous-même.

Voici deux exemples de son pour vous donner une idée de la bête, car elle sait être riche et chaleureuse. Ce sont des exemples de sonorités vite faites.

Arturia V Collection 7, des légendes pour pas cher ?


Arturia sorti son nouveau lot de synthétiseurs analogiques et autres; la V Collection 7
Alors, puis-je avoir le son du fameux Yamaha CS-80 et du CMI Fairlight pour moins de 500 € ?


Arturia est, sans conteste, la référence française de la virtualisation de synthétiseurs analogiques et, depuis quelque temps, numériques. J’avais acquis l’ensemble, il y a quelques années, parce que des musiciens, comme Jean-Michel Jarre, en vantait la qualité et le réalisme époustouflant de ces copies numériques.

J’avoue avoir été très déçu, si ces répliques permettaient d’obtenir le son et le caractère de leur modèle, je crois que le sujet serait clos depuis longtemps. Le hardware ne serait plus que l’affaire de collectionneurs.


Malheureusement, il n’en est pas ainsi. Il est vrai que l’on retrouve un peu les sonorités d’époque, il y a un petit goût, mais…



Il faut cependant avouer que certains sont de vraies réussites et paradoxalement, ils n’ont pas le même son que leur étalon. Par contre, ils en ont le caractère et c’est là le plus important.

Par exemple, le DX7 V, réplique du DX 7. Si on reprend les « sysex » de l’original et qu’on les compare (donc exactement les mêmes paramètres de son) on a souvent des différences notoires. A ce titre, Dexed de Digital SubUrban (célèbre plugin opensource que je vous recommande), sonnera de manière plus fidèle.

Mais, le DX7 V de Arturia n’en est pas moins bluffant, si on oublie la parfaite similitude du son, on a vraiment l’impression d’avoir à fair à un DX, ça réagit comme tel ! C’est vivant, ça a du punch, l’impression est excellente. On croirait le vrai.

Le CZ est également une très belle réussite, tout comme le piano Rhode. C’est le cas de la plupart des modélisations de synthétiseurs numériques de cette collection et de certains instruments électroacoustiques ou plus simplement du piano acoustique, lequel est un vrai rival pour Modartt et son fameux Pianoteq.

Par contre, je suis moins convaincu par les modélisations des synthétiseurs analogiques, ça a le son, oui…. Mais c’est tout. C’est aussi proche de l’original que les pianos numériques du milieu des années 90 l’étaient de l’acoustique.

Ce que j’avais rédigé à propos de la virtualisation du Juno, pour ma part, reste d’application.

Globalement, l’ensemble est excellent, même si certaines machines de légende ne sonnent pas aussi bien. C’est aussi un bon moyen d’avoir du matos nomade et avoir une idée de ce que ça pourrait donner sur les originaux. Surtout que le prix est dérisoire comparé aux vrais.

Même si Arturia optimise très bien les ressources CPU, un i7 de génération récente est préférable !

Avertissement

L’abus de matériel (ou de logiciel) est souvent préjudiciable à la créativité 😉