Pourquoi ai-je quitté Youtube, Google, Messenger, ….

Avant-propos

Ce qui suit n’a rien à voir avec le thème principal du blog. Voyez ça comme un acte militant vers plus de libertés artistiques.

L’emprise des “médias”

On parle souvent des Gafam et de leur monopole et sans remettre en cause ici le modèle capitaliste, un problème de taille subsiste ; celui du monopole de l’information et de la liberté d’expression. Si certaines dystopies ont paru fantaisistes durant des années après leur sortie, certaines sont aujourd’hui considérées comme très visionnaires ; rien que 1984 de George Orwell en est l’exemple flagrant.

La liberté d’expression, de choix et d’opinion, ne devrait en aucun cas être hypothéquée, quelle qu’en soit la raison. Or c’est bien ce qu’il se passe avec les Gafam, ou plutôt les Gaf & Co : Google, Amazon et Facebook et autres…

2016 est l’année-charnière où le grand public découvre avec effroi la puissance du « big data » et le pouvoir des réseaux sociaux lors de l’élection surprise de l’Oncle Donald. Cambridge Analytica avait fait la une de la presse spécialisée, accusée d’avoir manipulé l’opinion publique américaine. De même que pour le Brexit, ils ont avoué n’avoir fait qu’un travail limité.

Il est aussi important de considérer l’allégeance des Gaf & Co avec le gouvernement chinois, pour tout ce qui est répression et censure, tout ça rien que pour s’implanter dans le marché chinois et accroître leurs bénéfices.

Il avait aussi été relayé la rumeur selon laquelle Amazon serait capable de prédire nos achats et pourrait même les envoyer de manière anticipée. Vision qui ne serait pas délirante, compte tenu des évolutions de l’intelligence artificielle.

Ca fait réfléchir, non ? Mais ce n’est pas tout.

De nombreux débats et positionnements des principaux acteurs (« les vidéastes ») de Youtube (donc Google) ont lieu à propos de la censure et de la gestion des droits d’auteur. Le pouvoir que s’octroie Youtube est tout aussi contestable que stalinien ! N’oublions pas que le travail est effectué par ces acteurs et les gains sont majoritairement distribués entre Google et les ayants droit, même lorsqu’il s’agit d’exceptions au droit d’auteur. Brefs, leurs droits (aux acteurs) sont bafoués.

Aussi, toutes les recherches faites sur Google alimentent leurs bases de données et leurs algorithmes sont tels que les recherches sont trop ciblées. Par exemple les recherches d’un « complotiste » auront toujours tendance à aboutir sur des sites à vocation « complotiste ». Pour en revenir à la collecte de données, celles-ci alimentent le big data et sont souvent revendues à des entreprises qui ont rarement une vocation altruiste n’hésitant pas à faire du profit en dépit de nos libertés et de notre bien-être.

Bref, autant d’exemples démonstratifs qu’une sorte de dictature numérique s’installe progressivement avec notre consentement. Je pense qu’il est temps de réagir et de ne plus se soumettre à leur autorité, surtout que des alternatives existent ou ne demandent qu’à exister : Peertube, Qwant, Signal, …

Bien sûr, ce n’est pas le même confort, mais la liberté a un prix et celui-là n’est rien comparé à ce qui pourrait nous attendre en nous soumettant aveuglément aux Gaf & co.

La révolution c’est aussi ne pas se soumettre, donc « Viva la revolucion ! », comme disait le Ché.

Voilà, j’ai simplement choisi mon camp et vous ?

Mac OS est-il plus avantageux que Windows pour la musique ?

Avant-propos

Loin de moi l’idée de créer une polémique sur Windows-Mac OS, car les deux plateformes ont leurs avantages respectifs (y compris en musique) et ces avantages résultent d’un choix stratégique qui font que ces plateformes ont des avantages très ciblés du fait qu’elles ont été conçues pour des usages bien définis.

Le Mac pour les musiciens

S’il est de notoriété que le Mac est cher, pourquoi le voit-on si souvent auprès des musiciens ? Simple habitude du passé ? Pas tout à fait !

Remontons aux prémices de Mac OS X, l’époque où régnait dans le monde Apple Mac OS 9 très apprécié des musiciens. A cette époque, tout comme sur Windows, des outils tiers étaient indispensables pour ceux qui voulaient manipuler de nombreux instruments midi. Ceux qui ont connu cette période se souviennent sûrement de OMS (Open Music System) de Opcode System, de Free Midi de Mark of the Unicorn et autres…

Tout comme Windows, Mac Os Classic (les versions précédent OS X) n’était pas conçu pour la musique, tout a été « rajoute à posteriori » ! C’est pourquoi avec l’arrivée d’OS X, Apple avait décidé de bien faire les choses et de créer une couche logiciel, intégrée à l’OS, pour les musiciens : Core Audio et Core Midi. Ils ont d’ailleurs débauché des ingénieurs de chez Opcode System pour la réalisation de cette couche très élaborée.

Notons que Microsoft avait fait une tentative en ce sens avec Direct X, mais ça a visiblement été boudé par les développeurs, bien que la gestion des plugins audio soit bien pensée : Peu importe le dossier où la librairie se trouve, c’est l’appel à la couche Direct X qui gère tout.

Et oui, point d’Asio®, point de Asio4All®, ni d’utilitaire pour des agrégats de cartes son ou pouvoir utiliser plusieurs applications audio en même temps en faible latence sur la même interface audio. Tout ça c’est inclus dans Core Audio.

A la question, il y a-t-il un avantage à utiliser un Mac pour la musique ? Oui, certainement ! Mais il y a aussi un avantage à utiliser un PC Windows pour la musique, par le simple fait du rapport prix/puissance et le fait que l’on puisse mettre des cartes son PCIe sur un PC à moindre coût.

Petite anecdote (qui ne fait pas foi)

J’avais définitivement abandonné le PC en 2008 après 4 années à cheval sur les deux plateformes. Ce mois-ci, j’ai à nouveau essayé Windows sur un Dell Optiplex 7010 i5 tout à fait comparable (au niveau performances) à mon Mac Mini i7 de 2012. Les 2 OS dans leur dernière version à jour.

Sur le Mac, le branchement de la carte son ne nécessite pas de pilotes et peut fonctionner derrière un hub USB. Je l’ai branchée et hop, c’était parti. Sur le Dell, j’ai branché la carte son, installer les pilotes et dû la retirer du Hub pour la connecter directement.

Ensuite, j’ai lancé Cubase 6.0.7 et voulu lancer Sonar de Bandlab et j’ai eu un message me demandant de changer d’interface audio, car celle-ci était déjà prise. Sur Mac Logic X, Cubase 10 et Studio One peuvent fonctionner en même temps et avoir accès aux mêmes ressources.

J’ai acquis une Behringer XTouch, elle est en réseau. Sur Mac, le RTP est natif, tandis que sur Windows, il a fallu installer un appli tiers, tout comme pour une ancienne carte USB Akai où il a fallu Asio4All sur Windows.

Aussi, chose toujours étonnante en 2020, à paramètres égaux et en USB, la latence est plus faible sur Mac que sur Windows, 11ms contre 18ms. Probablement une meilleure optimisation de la pile USB.

En résumé, sur Mac, j’ai branché la carte son et ça a tout de suite fonctionné. Sur le Dell, j’ai dû ajouter des applications tiers et la retirer du Hub pour la mettre en directe. On voit que le système Apple a été conçu et assez bien optimisé pour la musique et bien souvent, tout fonctionne du premier coup. Chez Microsoft, laisse plutôt le soin aux tiers de gérer ça.

Ca s’est souvent passé comme ça, pour ma part, sur Mac et sous Windows.

De ma modeste expérience : est-ce que Mac est mieux que Windows ?

Non, pas forcément, c’est une question de cible. Disons que c’est plus délicat sur plateforme Windows où il vous faut optimiser vous-même le système pour avoir les meilleures performances, c’est moins « plug and play » !

Maintenant, face au coût d’Apple, certains musiciens abandonnent la plateforme pour Windows où la puissance est à moindre coût et en sont tout à fait ravi. C’est vrai que les 2000€ de prochain Mac Mini qui m’intéresse me font réfléchir. Mais bon, je suis plutôt Logic !

Pourquoi Windows n’est-il pas conçu pour les musiciens ?

Le monde Microsoft est énorme et il le gère plutôt bien. Windows est un OS généraliste, tellement généraliste, qu’il faille l’adapter à nos besoins parfois spécifiques. Ce que des développeurs tiers font très bien.

Chez Apple, la cible est aussi le milieu artistique : Photo, Vidéo, Prépresse, Graphisme, Audio et les vieux gâteux comme moi. Mac OS n’est pas ce qu’il y a de plus généraliste, il y a même des domaines où il est carrément exclu ! De ce fait, il vaut mieux qu’il fasse très bien ce pourquoi il a été conçu !

Ce qui est sûr en musique, c’est que Windows peut faire tout aussi bien que Mac, mais pas en mieux. Mais ça a un prix !

Allez, cette fois JV


On finit souvent par se lasser du rendu sonore de nos instruments, mais avec du recul…

Comme je le répète souvent, j’ai abandonné les instruments virtuels pour de très nombreuses raisons, dont la pérennité des travaux, parfois impossibles à reprendre quand un produit n’est plus développé. Cas que j’ai encore rencontré cette nuit avec un fichier datant de 2015.

De ce fait j’ai renoué avec « le hardware » et parfois du bon vieux clavier ou module du début des années, 90 ça peut faire plaisir. Mais une chose a changé depuis.

Jusque-là, j’avais presque toujours utilisé les « presets » du fabricant, mais avec ce retour en force sur le matériel, je suis de plus en plus dans l’édition de mes propres « patches » et je découvre des pépites que j’avais jusqu’à là ignorée.

Il y a encore 10 ans, je trouvais mon Roland JV-1010 totalement dépassé face à l’offre des « plugins » même gratuits, le redécouvrant aujourd’hui, je me rends-compte à quel point je m’étais leurré. De même que le Korg X3 que j’ai baptisé boomerang, parce qu’à chaque fois que je le donnais, il me revenait. Oui, les sons d’usines sont totalement dépassés, mais dépassés pourquoi ? Parce que ça sonne comme toute une époque où presque tout le monde se contentait, comme moi, des présélections d’usine.
Nous avons donc été bassiné avec ces « patches » faits par la firme.

Pourtant, Roland nous l’avait bien expliqué et nous avait même offert le fameux « Sound Diver d’Emagic » pour que nous éditions nous-même cette petite boîte.

Qu’a-t-elle donc sous le capot ?

Eh bien, comme toute machine JV ou XP (y compris les séries XV, Fantom, …) 4 oscillateurs à base d’une tonne de formes d’ondes, 2 LFO, une section filtres, des enveloppes ADSR, TVA et TVF (Time Voltage-controled Amplitude/Filter), un simulateur analogique (un trémolo quoi), un super multi effet (en plus de la reverbe et du chorus), … Bref, il ne s’agissait pas d’un « rompler » mais bien d’un synthétiseur à synthèse soustractive très puissant.

C’est quoi un « rompler »

Ah oui, un « rompler », c’est comme un échantillonneur « sampler », mais au lieu de lire des échantillons que l’on enregistre soi-même, il va les chercher dans une mémoire morte, appelée ROM. On remplace donc le « sample » (échantillon) par « romple » (mémoirillon ?).

J’ai eu des « rompler » et à l’époque, ils me convenaient très bien : Yamaha DB50XG, MU90R et Roland SC88, U220. Mais pour ceux-là, les sons sont figés et on peut à peine les modifier.

Si c’est le son qui marque l’époque, alors faisons en sorte qu’il y en ait le plus possible, comme ça, il sera difficile de repérer l’époque et plus rien ne sonnera périmé.

Malheureusement, connaissant moins bien Yamaha, excepté pour la série DX et TX, je n’ai pas de modèle à vous conseiller, mais pour ce qui est de Korg et Roland, tous les Korg dont on dit que la synthèse est AI2 et Roland JV, XV, XP, Fantom, D sont incroyablement éditables. De nombreux artistes les utilisent à nouveau et pour de nombreux modèles, la cote grimpe.

Il y a eu une forte vague de retour de l’analogique et je ne serai pas surpris que ces machines numériques des années 90 fassent, elles aussi, leur retour en force. D’ailleurs, je lis souvent que ceux qui avaient mis ce matériel au grenier, sont toujours surpris par le punch lorsqu’ils le ressortent.

Ah oui, j’oubliais l’essentiel : les éditeurs.

CTRLR JV Editor

La preuve du regain d’intérêt pour ces ancêtres, de plus en plus d’éditeurs voient le jour sur les principales plateformes. Il y a le coûteux et relativement exhaustif Sound Quest, mais surtout la série CRTLR et le petit dernier Edisyn en Java et en open source s’il vous plait.

Peut-être est-ce une bonne occasions de retrouver ce matériel avant que la cote et la spéculation ne les rendent impayables, comme le Roland JV1080, D(5)50 et le Korg M1.

Moi dès que je me serai refait, ce sera un EMU ESI 32, j’en entends que des éloges de ceux qui le ressortent.

Arturia V Collection 7, des légendes pour pas cher ?


Arturia sorti son nouveau lot de synthétiseurs analogiques et autres; la V Collection 7
Alors, puis-je avoir le son du fameux Yamaha CS-80 et du CMI Fairlight pour moins de 500 € ?


Arturia est, sans conteste, la référence française de la virtualisation de synthétiseurs analogiques et, depuis quelque temps, numériques. J’avais acquis l’ensemble, il y a quelques années, parce que des musiciens, comme Jean-Michel Jarre, en vantait la qualité et le réalisme époustouflant de ces copies numériques.

J’avoue avoir été très déçu, si ces répliques permettaient d’obtenir le son et le caractère de leur modèle, je crois que le sujet serait clos depuis longtemps. Le hardware ne serait plus que l’affaire de collectionneurs.


Malheureusement, il n’en est pas ainsi. Il est vrai que l’on retrouve un peu les sonorités d’époque, il y a un petit goût, mais…



Il faut cependant avouer que certains sont de vraies réussites et paradoxalement, ils n’ont pas le même son que leur étalon. Par contre, ils en ont le caractère et c’est là le plus important.

Par exemple, le DX7 V, réplique du DX 7. Si on reprend les « sysex » de l’original et qu’on les compare (donc exactement les mêmes paramètres de son) on a souvent des différences notoires. A ce titre, Dexed de Digital SubUrban (célèbre plugin opensource que je vous recommande), sonnera de manière plus fidèle.

Mais, le DX7 V de Arturia n’en est pas moins bluffant, si on oublie la parfaite similitude du son, on a vraiment l’impression d’avoir à fair à un DX, ça réagit comme tel ! C’est vivant, ça a du punch, l’impression est excellente. On croirait le vrai.

Le CZ est également une très belle réussite, tout comme le piano Rhode. C’est le cas de la plupart des modélisations de synthétiseurs numériques de cette collection et de certains instruments électroacoustiques ou plus simplement du piano acoustique, lequel est un vrai rival pour Modartt et son fameux Pianoteq.

Par contre, je suis moins convaincu par les modélisations des synthétiseurs analogiques, ça a le son, oui…. Mais c’est tout. C’est aussi proche de l’original que les pianos numériques du milieu des années 90 l’étaient de l’acoustique.

Ce que j’avais rédigé à propos de la virtualisation du Juno, pour ma part, reste d’application.

Globalement, l’ensemble est excellent, même si certaines machines de légende ne sonnent pas aussi bien. C’est aussi un bon moyen d’avoir du matos nomade et avoir une idée de ce que ça pourrait donner sur les originaux. Surtout que le prix est dérisoire comparé aux vrais.

Même si Arturia optimise très bien les ressources CPU, un i7 de génération récente est préférable !

Avertissement

L’abus de matériel (ou de logiciel) est souvent préjudiciable à la créativité 😉

J’ai acheté un Juno en boutique.

Avez-vous remarqué, les claviéristes sont souvent des gens fidèles. Non, pas en relation sentimentale, mais envers leur marque de clavier. Du coup, ça forme des « clans », les Yamahistes, les Korguistes, les Claviaistes, les Mooguistes, les Rolandistes, …
Le plus curieux, si vous leur posez la question, pourquoi cette marque plutôt qu’une autre ? Et bien ils vous diront que ça sonne mieux. Tous prêcheront pour leur chapelle avec la même conviction.

Moi, je suis Rolandiste et je vous expliquerai pourquoi après, mais aussi, pourquoi les plugins imitant des instruments mythiques échouent généralement.

Les photographes sont pareils (Oui, j’étais photographe dans ma jeunesse.), pourquoi Nikon et pas Canon ? Pourquoi Mac et pas PC ? Pourquoi Mercedes et pas BMW ? Vanille ou pistache ?

Installez-vous et racontez-moi votre enfance, me dit le psychologue…


La fameuse madeleine de Proust, une particularité psychologique que nous avons tous ; plus le terrain est connu, plus nous nous sentons en zone de confort et si un élément est associé à un événement agréable, nous aurons tendance à l’apprécier, surtout s’il fait partie d’un souvenir de notre « jeunesse dorée ». Les expériences de l’enfance déterminant fortement les goûts des adultes que nous devenons, nous avons tendance à les conserver et renouveler l’expérience, juste parce qu’elle nous a parue positive.

Aujourd’hui les grandes marques d’instruments électroniques ont toutes acquis un niveau de maturité excellent et il est impossible de déterminer qui de Korg, Roland, Yamaha, Clavia, Moog, DSI, … est le meilleur. Tout simplement parce qu’il n’y en a pas.
Nous sommes humains et avons nos propres préférences et notre perception affinée au fil du temps. Je sais pourquoi je considère Roland comme le n°1, alors que c’est bien connu, le n°1 c’est Clavia. Euh non, Yamaha, euh non Korg, ….


Mais pour quelle raison ai-je acheté deux Juno boutique et pas un Minilogue, même si techniquement le Minilogue est plus évolué ?


Qu’est-ce qu’un Juno ? Et bien, mise à part un synthétiseur « analogique » (c’est quand même des DCO, ce n’est donc pas 100 % analogique ), sorti au début des années 80, qui a un peu tenu tête face à l’écrasant DX7 de Yamaha, c’est un synthétiseur très basique : un seul LFO, un seul oscillateur ( oui, et un sub), un seul filtre, un seul générateur d’enveloppe,…

Vu comme ça, c’est le plus basique des synthétiseurs et pourtant, presque toutes les imitations ont échoué.

Beaucoup de personne s’extasient devant le TAL UNO LX, comme étant une copie parfaite du Juno, tandis que d’autres hurlent au scandale, de comparer cette pâle copie à ce vénérable objet culte.

Objectivement, la sonorité des deux est très proche et parfois bluffante. Oui, la copie virtuelle a le son du Juno. Bien-sûr, ce n’est pas du 100 %, on entend une différence, mais tellement subtile ! Je l’ai essayé et j’avoue avoir ri ! Ensuite, m’est revenu à l’esprit le célèbre slogan Canada Dry ; Ca a le goût du Juno, mais ce n’est pas un Juno !

A l’époque, on s’amusait à comparer les pianos numériques pour savoir lequel était le plus réaliste. J’en avais essayé beaucoup, jusqu’au jour où j’ai pu jouer sur un prestigieux Yamaha à queue, acoustique donc, très haut de gamme dans une chouette salle de concert et ma première réaction à été « Arg, il fait vachement synthétique ! ». J’allais presque ajouter que c’était mal imité.

C’est là que j’avais compris.

J’ai souvent eu l’occasion de jouer sur Bösendorfer, bien avant ce fameux Yamaha. C’était au temps où j’écoutais beaucoup de musique classique et ma référence du piano s’était forgée sur ceux que l’on enregistrait le plus souvent : Bösendorfer et Steinway.

Si on regarde objectivement, ces pianos sont tout deux excellents. Lequel est le meilleur ?

En pianissimo, il m’arrive de confondre Steinway et Bösendorfer, mais pas longtemps, parce que très vite, au cours de l’œuvre, le caractère du piano se révèle. Ils ont tout deux un son de piano, parfois très proche, mais n’ont pas du tout le même caractère. Le Bösendorfer semble plus doux, mais le Steinway peut être tout aussi doux. Le Steinway est plus claquant dans les fortissimo. Ben… Le Bösendorfer aussi sait être très claquant.
« Ouais, mais ce n’est pas le même ! »

Non, ce n’est pas le même, ils ont tout deux un son proche, on peut parfois les confondre (une note ne suffi parfois pas à les différentier, sauf extrême) et pourtant, ils sont si différents. En fait, ils n’ont pas le même caractère (pour ne pas dire tempérament, ce serait mal interprété), pour causer comme les grands, ils n’ont pas la même musicalité, pas la même signature sonore.


Maintenant, voici pourquoi j’ai acheté un Juno en boutique.


Roland, mieux que quiconque, connaît sa propre signature sonore, ils l’ont travaillée, c’est leur métier. Toutes les grandes marques d’instruments ont leur propre signature et musicalité, c’est comme ça que l’on fidélise le client.
Même en Hifi ! D’ailleurs, pourquoi les passionnés de Haute Fidélité préfèrent-ils une marque à une autre ? Les instruments enregistrés ne changent pas !
Non, mais chaque marque a sa propre signature sonore, tout simplement.

Pour ma part, comme beaucoup d’autre, je suis très séduit par la musicalité de Roland, elle répond à quelque chose qui est fortement ancré en moi. Oui, le son de piano du FA paraît, à de très nombreuses personnes, moins bien que celui du MODX de Yamaha, mais la musicalité du Roland me paraît tellement mieux, que j’ai prix le Roland ; plus cher et plus vieux.
La marque que j’aime le moins est souvent Clavia. Vous rendez-vous compte, celle considérée comme le top parmi de nombreux claviéristes pro ! Oui, mais ce n’est pas ce qu’inconsciemment, je cherche.


Foutaise ! C’est parce que je vois la marque et du coup, je manque d’objectivité et je trouve le son meilleur chez Roland. Pure dissonance cognitive !


J’ai fait de nombreux tests en aveugle sur des différents enregistrements sans connaitre les marques qui se cachaient derrière. La plupart du temps, j’ai trouvé les sons Roland plus séduisants, là où d’autres trouveront leur marque fétiche bien meilleur. En réalité, j’ai visiblement été conditionné à une marque à mon insu, donc fidélisé.


Oui, mais le Juno ?


Alors, j’ai acheté un JU-06A et je trouve le plugin de TAL totalement dépourvu d’intérêt. Si le plugin a le son, mais pas la musicalité – le Juno étant un des synthétiseurs les plus basiques, sans la musicalité de Roland qu’eux seuls savent reproduire – ça n’a vraiment aucun intérêt. Ce sera juste le plugin d’un synthétiseur très basique.

Par contre, le JU-06(a), est un synthétiseur basique, avec la musicalité propre à Roland et là….. C’est tout à fait autre chose, mais que vous ne pouvez comprendre si vous n’êtes pas Rolandiste. Rien à voir avec le bon et le mauvais chasseur !

Voilà pourquoi les uns trouvent l’émulation parfaite et d’autres grotesque !

Petite anecdote : Je trouve également la legacy collection de Korg très mauvaise. Pourtant, c’est fait par le même fabriquant ! Oui, mais là je crois que le compromis technologique y est pour beaucoup.


De la calculette aux concerts holographiques.

1982 où au sommet des « hit-parades » trônait un groupe exhibant un instrument pour le moins intrigant dont les personnes ayant vécu cette période se souviennent encore du son étrange de cette calculette, clavier et boîte à rythme servant d’intro à ce fameux « dadada » de Trio.

Stephan Remmler et le célèbre Casio VL Tone dans le clip Dadada

Surtout connue pour ses montres et ses calculettes, Casio entrait en pleine postérité avec ce petit VL-Tone et ses célèbre Casiotone MT, pour devenir une sorte d’incubateur d’artistes de plus en plus créatifs et surtout ouvrir la porte à un univers de musiciens autoproduits dont certains sont parfois devenus de vraies icônes.

Cette scène, souvent appelée post-punk ou encore « new wave », est née à la fin des années 70, avec la démocratisation du synthétiseur et de l’enregistreur 4 pistes simultanées. Bref de l’arrivée des premiers home-studios. Tascam A3440, Korg Polysix sont certainement des noms qui parlent à ces pionniers.

La suite sera encore plus prometteuse avec l’arrivée du Yamaha DX7 et de l’ordinateur Atari 1040 ST.

Dans les cours de récréation, les ados s’échangeaient des cassettes enregistrées à la radio et parmi celle-ci, certaines autoproductions qui marqueront leur temps : Snowy Red, Vitor Hublot, à;GRUMH,…

Pour en revenir à Casio, c’était la marque par excellence qui a permis aux moins fortunés d’entre eux de mettre un pied à l’étrier. « Fuite au prochain lavabo » de Sttellla, « La fossette » de Dominique A sont des « premiers » albums qui ont été leurs premiers pas vers la notoriété.

Va t’en extrait de l’album La fossette

La série Casio n’a pas fait des émules qu’au début des années 80, début 90 Les Brochettes, célèbre groupe des soirées estudiantines belges, réalisent deux albums dont le clavier « cheap » fait partie de l’accompagnement principal.

Cette vague ne s’est pas arrêtée là et la suite est encore plus fabuleuse !

Lorsque j’évoque des artistes moins fortunés, il faut relativiser. Au début des années 80 de tels claviers coûtaient quand-même un mois de salaire d’enseignant, sans parler du multi-piste et de la table de mixage. Pour comparaison, un ami avait investi, fin 80, une année de salaire d’enseignant dans un home studio comportant un 8 pistes magnétiques, une table de mixage 16 voies, quelques effets, un magnifique expandeur FM/AWM , une boîte à rythme (pour la synchro smtp) et un sampler « worksation ». Tout ça pour produire un album de RAP.

A partir du milieu des années 90, l’ordinateur personnel se propage ouvrant la porte à des artistes encore moins fortunés, parfois même isolés et sans emploi. Un grand pas est franchis avec les sociétés Pinnacle et Creativelab, cette dernière sort en 1996 sa célèbre Soundblaster AWE 32 comportant un sampler 32 voies de polyphonie et un synthétiseur FM de 20 voies. A cette carte, pouvait être ajoutée une carte fille, souvent une Yamaha DB 50 XG.
Le totalement méconnu album « Summer hits » des Bernardo a été enregistré en 1998 avec ce genre de matériel.

Mais toujours plus loin, le studio virtuel accessible à tous.

Quand je dis peu fortunés, je parle même de personnes en situation de pauvreté qui, le marché de l’occasion informatique faisant, ont accès à des  synthétiseurs virtuels de bonne facture gratuits et des stations audionumériques offertes, ouvrant une porte à des enregistrements de qualité rivalisant parfois avec les grosses productions.

Et ce n’est pas tout, après le studio virtuel, la chanteuse virtuelle.

Jusqu’il y a peu, de bonnes connaissances musicales étaient souhaitées, mais aujourd’hui la plupart des stations audionumériques proposent des outils d’assistance à la composition.

Encore plus fort, l’arrivée en 2004 du logiciel Vocaloide de Yamaha permettant l’accès à une chanteuse virtuelle, toujours disponible, a donné naissance à un mouvement d’une ampleur telle qu’en Asie des milliers d’artistes, isolés et indépendants, créent de toutes pièces des enregistrements complets, chant et musique, allant même jusqu’à organiser des concerts virtuels où la chanteuse virtuelle, généralement Hatsune Miku, est acclamée par la foule en délire. Voir le phénomène « Utaite (plus complet en anglais)» et cette muse, ode aux synthétiseurs DX de Yamaha, qui déchaine les foules et cela dans la vie réelle.


Mais j’en parlerai plus en détail dans un prochain article.

Ura Omote Lovers du et avec, le talentueux et défunt, Wowaka (le monsieur à la guitare)

Alors, lorsque j’entends que l’on dit que les jeunes n’ont plus de créativité, je souris car la marche entamée en 1979 ne semble être qu’à ses débuts.

A suivre donc …

Virtuel ou matériel ?

Automne 1996, intéressé par Cubase, je reçois un prospectus publicitaire de leur nouvelle version révolutionnaire, le Cubase 3 VST. Sur ce document, Steinberg y vantent les bienfaits de leur invention : le Virtual Studio Technology. « Imaginez recevoir votre nouvelle unité de réverbération sur disquette » ajoutent-ils !

Un rêve auquel je n’ai cessé d’y croire, jusqu’en 2015. Mais revenons au début.

Fin des années 90, j’assiste à la démo de Reality de Seer System. Je suis bluffé, un synthétiseur virtuel, totalement inédit dans sa synthèse, sur un ordinateur Pentium 180. Et ça tourne !

Comme il faut un ordinateur dédié, rien que pour ça, alors que je peine à m’en offrir un, après ma config. Soundblaster AWE32 avec sa Yamaha DB50XG, ce sera un expandeur Yamaha MU90R et un Roland JV-1010. Mais tout au long, je n’avais cessé de rêver « Studio 100 % virtuel », de n’avoir qu’un ordinateur et un clavier maître.

Milieu des années 2000, je range mes deux expandeurs, car mon AMD Athlon XP 2600, fait tourner quelques beaux synthés et belles réverbes, j’y suis : je suis 100 % virtuel. Seul mon piano numérique avait tenu le coup un peu plus longtemps, avant d’être remplacé par un simple clavier maître sans la moindre sonorité embarquée.

Alors, comme tout le monde, de 2005 à 2015 j’achète de plus en plus d’instruments virtuels, jusqu’au jour où…

J’entame un nouveau projet aux sonorités « cheap » du genre Soundblaster Pro et autres bip-bîp, rien ne me convainc dans tous les instruments virtuels que je possède. C’est alors que me vint l’idée d’acquérir un vieux module FM Yamaha FB01 et là, contre toute attente, ça sonne terriblement bien. Au-delà des bip-bîp, il y a une dimension qui s’en dégage, quelque chose que je n’avais plus rencontré depuis des années. J’essaye de compléter l’équipement pas un Roland MT-32, mais le « retro gaming » passant par là, les prix grimpent et je me rabats sur un D-110, paraît-il, de technologie identique. C’est à nouveau pareil, au-delà des sons désuets, une sensation de sonorités pleines s’en dégage.

Tous ces vieux modules avaient un tonus et une musicalité qu’avec le virtuel, j’avais oubliée. Tous ces expandeurs sonnaient bien sans la moindre correction au mixage ; du son brut de fut directement à la sortie.

Je ressortis mon vieux JV-1010 et le retour aux sources à commencé.

De ce retour aux sources, j’ai tiré quelques conclusions que je vous partage.

NB : Déjà, j’ai pu reprendre tous mes vieux projets, juste en convertissant mes vieux fichiers aux nouvelles versions de STAN (Station Audio-Numérique). Cela n’était pas toujours possible avec le virtuel, car il m’arrivait souvent que des instruments logiciel ne soient plus développés ou que le coût de la mise à jour soit excessif.

Les deux mondes (virtuel et matériel) ont leurs avantages respectifs (qu’il faut souvent nuancer) que j’ai pu comparer :

Avantages du virtuel :

  • Le coût souvent plus avantageux (quoi qu’avec les mises à jour, on arrive parfois au prix du matériel).
  • Le fait de pouvoir exécuter plusieurs instances simultanées (donc d’avoir plusieurs modules).
  • Pas de problèmes de connexion (bruits parasites et faux contacts).
  • L’accès à des synthèse inédites en matériel.
  • L’encombrement réduit à zéro !
  • La possibilité de synthèses originales et inédites.
  • L’accès à des sonorités mythiques impayables (le matériel d’époque étant difficilement accessible et hors de prix), mais souvent approximatives.

Avantages du matériel :

  • Totalement indépendant de la STAN, donc plus pérenne.
  • Consommation moindre en ressources CPU et même parfois électrique (oui un ordinateur qui simule le matériel dépense parfois d’importantes ressources augmentant ainsi la consommation électrique).
  • Temps de chargement d’un projet, souvent bien plus rapide.
  • L’accès à des sonorités mythiques originales (pas des imitations)
  • Il est souvent plus facile et plus intuitif de tourner des boutons que d’user de nombreux clics de souris.
  • Des sonorités souvent plus consistantes que le virtuel.
  • Vous pouvez toujours revendre votre matériel

Les deux pouvant cohabiter…. On aurait tort de s’en priver.

Il est aussi des rumeurs persistantes que je voudrais dissiper :

Le matériel a des sonorités plus grasses et plus tonifiantes que le virtuel.

Ce n’est pas toujours vrai, certains instruments virtuels font ça très bien, aussi bien que le matériel.

Les instruments matériels sont inimitables en virtuel

Quand les fabricants du matériel se mettent à le faire en virtuel, c’est souvent bluffant. Mais souvent au prix d’une forte consommation de CPU. Le System-1 de Roland sonne de manière identique tant en matériel qu’en logiciel. Cela dit, pour avoir essayé de nombreuses versions dématérialisées par les concepteurs, c’est rarement un sans faute.

Le virtuel coûte moins cher.

Généralement oui, mais pas toujours. Si on suit le marché de l’occasion en matériel et les nombreuses mise à jour payantes de certains produits logiciel, il arrive parfois que le matériel devienne moins onéreux. Parfois, un produit logiciel n’est plus suivi et l’investissement peut devenir totalement caduque.

On ne peut pas synchroniser le matériel, aussi bien qu’un VSTi/AUi.

C’est souvent ce que pensent le maoistes qui ont tout de suite connu le virtuel. Pourtant, il suffit juste d’utiliser la synchro externe, souvent midi, faite pour ça.

Les instruments virtuels sonnent toujours mieux et sont plus réalistes que les claviers et expandeurs matériel.

Et non, le matériel évolue lui aussi. Un Yamaha MODX ou un Roland Integra 7 font aussi bien que de nombreux grands instruments logiciel.

Il y a un point souvent oublié et il dépend de nos différentes approches, c’est la créativité et là le matériel peut avoir un avantage. Ou pas !

Je m’explique :

Sur le matériel on est tactile, donc généralement ça nous vient plus intuitivement. Je suis plus enclin à créer des sonorités sur un vrai synthé que sur un Vsti/Aui.
Mais aussi, on a généralement moins de matériel, car c’est généralement plus coûteux, ce qui nous oblige à faire plus avec moins, donc être plus créatif.

Vous l’aurez compris, les deux mondes ont leurs avantages et peuvent aisément coexister dans la même production. Le plus intelligent est de les marier. Pourquoi ne pas débuter l’univers du matériel par des Korg Volca, par exemple, et découvrir une nouvelle approche.

Le paradoxe du synthétiseur

Durant les années 50, le synthétiseur était, entre autre, le sujet de prédilection des laboratoires d’électro-acoustique, quand il n’était pas utilisé pour créer des bruitages pour le cinéma. Puis est venu le temps où il est passé aux mains des artistes à la recherche de nouvelles sonorités.

Dès qu’il fût popularisé, le « grand publique » et certains arrangeurs, aspiraient à retrouver une machine capable d’imiter de vrais instruments. Ce que la technologie d’époque faisait très mal.

D’ailleurs, déjà dans les années 40, un certain George Jenny présentait l’Ondioline, sorte de précurseur du synthétiseur analogique, comme étant capable d’imiter fidèlement les instruments acoustiques.

Cela était si ancré, que tous les claviers électroniques de la fin 70 au début des années 90 affichaient des sélections d’instruments imitant vaguement leurs homologues acoustiques : le son de la clarinette ressemblait au braillement d’un âne, la trompette à un grincement de porte et le piano à une goute d’eau tombant dans l’évier et tout à fait indiscernable du son de la prétendue guitare.

Depuis l’avènement de l’échantillonnage et de la modélisation numérique, la qualité d’imitation s’est améliorée en même temps que l’informatique évoluait. Aujourd’hui, sur certains claviers de bonne facture, il est parfois, sur enregistrement, impossible de faire la distinction entre le son du clavier électronique et celui de l’instrument qu’il imite.

Ca y est, en ce début de 3ème millénaire, le but ultime de l’imitation électronique du monde acoustique est atteint. Mais le paradoxe, c’est qu’aujourd’hui, les grands fabricants d’instruments électroniques s’évertuent à imiter les synthétiseurs d’époque !