Le lecteur réseau de vos rêves…

Puisque l’on parle de musique et que le sujet Hi-fi a été abordé précédemment, entrons dans le sujet plus global de la musique dématérialisée. Non pas des diverses plateformes de streaming, mais d’un système d’écoute pour nos fichiers musicaux préférés.

L’arrivée du SBC (Single Board Computer) de la taille d’une carte de crédit, et surtout à basse consommation, nous a offert un champs de possibilité étendu, dont une large parcelle concerne les lecteurs multimédia. Kodi est probablement l’application la plus plébiscitée dans ce domaine, mais sa forte orientation vidéo n’est pas le but de cette page où nous allons parler de ces lecteurs réseau de fichiers audio.

Il eut jadis la célèbre Squeeze Box de Logitech, malheureusement abandonnée par son constructeur. Néanmoins, elle fit des émules et on retrouve de très nombreux projets s’approchant du concept : c’est-à-dire d’une petite boite connectée faisant office de jukebox numérique. Parmi ces projets, 3 ont retenu mon attention par leur facilité relative mise en place et leur bas coût d’exploitation : Volumio, Moode et Daphile. Je n’ai pas encore essayé PicorePlayer.

Ces projets sont construits autour du fameux mpd (music player daemon) autour duquel vient se greffer une interface utilisateur facilitant la gestion de celui-ci, une sorte d’habillage logiciel et graphique.

Que permettent ces applications ?

Tout simplement de lire des flux audio à partir d’un espace réseau ou local. Les fichiers supportés sont généralement Alac, Flac, Wav, mp3, m4a, ogg, … Mais aussi des services en ligne tels Tidal, Qobuz, Spotify, … Outre leur interface Web souvent bien faite, le fait qu’ils soient tous basés sur le protocole mpd leur offre de belles possibilités de contrôle à distance depuis un mobile, tablette et ordinateur via une interface Web ou une application dédiée.

Si ces applications semblent identiques, puisque basées sur mpd, elles n’en sont pas moins différentes en raison des options proposées et du mode de diffusion.

Volumio, la distribution préférée de manière globale par le plus large public. Néanmoins, elle n’est pas tout à fait libre. Des options intéressantes, comme la lecture de CD audio, les accès Tidal et Qobuz ou encore le support du Bluetooth ne sont disponibles qu’après la souscription à un abonnement. Le point fort de Volumio est son côté « produit fini » bien pensé. Des applications IOS/Android dédiées bien pensées, une prise en main et une expérience utilisateur très agréable. Notez que l’application dédiée détecte toutes les plateformes Volumio dans le réseau.

Moode est probablement le concurrent le plus direct de Volumio (avec RuneAudio qui ne semble plus dévelopé). Là tout est opensource, pas d’abonnement et des accès complets aux services en ligne les plus populaires : Tidal, Qobuz, …. Bref, pas de limitations dans les fonctions proposées, mais pas d’applications dédiées pour les plateformes mobiles non plus (bien qu’il existe des applications dédiées aux serveurs mpd). Moode semble également plus léger (à vérifier, car il ne s’agit que de mon expérience personnelle)

Ces deux plateformes, Volumio et Moode, sont probablement les produit les plus accessibles aux débutants (surtout Volumio) et qui ont une très bonne prise en charge du matériel.

Daphile est la distribution où mon expérience s’est révélée la moins agréable. Les possibilités sont complètes, inclue la prise en charge de l’extraction des CD audio. Mais c’était hélas la plateforme la moins souple. Disponible que sur les plateformes Intel, je n’ai pas trouvé l’accès SSH. La prise en charge du Wifi n’a pas été possible, ni même de l’interface audio interne. Dommage car ses possibilités semblent très évoluées.

De manière globale

Toutes les applications testées se sont montrées séduisantes, certaines plus que d’autres en fonction des besoins ressentis. Daphile m’a séduit par son module d’extraction CD bien fait, Volumio par sa facilité à mettre la solution en œuvre et Moode par sa fluidité et ses ouvertures libres vers le monde extérieur.

NB : J’ai surtout utilisé de la musique en flac depuis un NAS. L’expérience Wi-Fi avec les formats « lossless » a posé des problèmes liés à la stabilité du Wi-Ffi. Problèmes qui ne se posaient pas en filaire à débit identique.

Pour aller plus loin.

Lié à l’utilisation d’un SBC comme le Raspberry, on peut se construire un petit lecteur réseau très évolué avec un petit affichage lcd, télécommande, réveil amplifié, … Bref le lecteur réseau de vos rêves.

Tout ça pour dire que de nombreux accessoires sont disponibles pour ces petites machines, dont des DAC (convertisseur numérique-analogique), des afficheurs, des récepteurs infrarouge, …

Et la qualité audio ?

Toutes ces applications offrent la possibilité du « bit perfect et de les connecter à des DAC de très grande qualité. Ce qui signifie que ces montages peuvent aisément être « audiophile-compatibles ».

En fonction de la qualité souhaitée et de la finition les prix peuvent aller de ± 40 € à ± 500 € (et bien plus en fonction des affinités).

Pourquoi ai-je quitté Youtube, Google, Messenger, ….

Avant-propos

Ce qui suit n’a rien à voir avec le thème principal du blog. Voyez ça comme un acte militant vers plus de libertés artistiques.

L’emprise des “médias”

On parle souvent des Gafam et de leur monopole et sans remettre en cause ici le modèle capitaliste, un problème de taille subsiste ; celui du monopole de l’information et de la liberté d’expression. Si certaines dystopies ont paru fantaisistes durant des années après leur sortie, certaines sont aujourd’hui considérées comme très visionnaires ; rien que 1984 de George Orwell en est l’exemple flagrant.

La liberté d’expression, de choix et d’opinion, ne devrait en aucun cas être hypothéquée, quelle qu’en soit la raison. Or c’est bien ce qu’il se passe avec les Gafam, ou plutôt les Gaf & Co : Google, Amazon et Facebook et autres…

2016 est l’année-charnière où le grand public découvre avec effroi la puissance du « big data » et le pouvoir des réseaux sociaux lors de l’élection surprise de l’Oncle Donald. Cambridge Analytica avait fait la une de la presse spécialisée, accusée d’avoir manipulé l’opinion publique américaine. De même que pour le Brexit, ils ont avoué n’avoir fait qu’un travail limité.

Il est aussi important de considérer l’allégeance des Gaf & Co avec le gouvernement chinois, pour tout ce qui est répression et censure, tout ça rien que pour s’implanter dans le marché chinois et accroître leurs bénéfices.

Il avait aussi été relayé la rumeur selon laquelle Amazon serait capable de prédire nos achats et pourrait même les envoyer de manière anticipée. Vision qui ne serait pas délirante, compte tenu des évolutions de l’intelligence artificielle.

Ca fait réfléchir, non ? Mais ce n’est pas tout.

De nombreux débats et positionnements des principaux acteurs (« les vidéastes ») de Youtube (donc Google) ont lieu à propos de la censure et de la gestion des droits d’auteur. Le pouvoir que s’octroie Youtube est tout aussi contestable que stalinien ! N’oublions pas que le travail est effectué par ces acteurs et les gains sont majoritairement distribués entre Google et les ayants droit, même lorsqu’il s’agit d’exceptions au droit d’auteur. Brefs, leurs droits (aux acteurs) sont bafoués.

Aussi, toutes les recherches faites sur Google alimentent leurs bases de données et leurs algorithmes sont tels que les recherches sont trop ciblées. Par exemple les recherches d’un « complotiste » auront toujours tendance à aboutir sur des sites à vocation « complotiste ». Pour en revenir à la collecte de données, celles-ci alimentent le big data et sont souvent revendues à des entreprises qui ont rarement une vocation altruiste n’hésitant pas à faire du profit en dépit de nos libertés et de notre bien-être.

Bref, autant d’exemples démonstratifs qu’une sorte de dictature numérique s’installe progressivement avec notre consentement. Je pense qu’il est temps de réagir et de ne plus se soumettre à leur autorité, surtout que des alternatives existent ou ne demandent qu’à exister : Peertube, Qwant, Signal, …

Bien sûr, ce n’est pas le même confort, mais la liberté a un prix et celui-là n’est rien comparé à ce qui pourrait nous attendre en nous soumettant aveuglément aux Gaf & co.

La révolution c’est aussi ne pas se soumettre, donc « Viva la revolucion ! », comme disait le Ché.

Voilà, j’ai simplement choisi mon camp et vous ?

La Chi-Fi, la Hi-fi version Chinoise.

La musique, quelle soit électronique ou non, apporte toujours plus d’émotions sur du matériel de qualité, que l’on nomme Hi-Fi pour High Fidelity. La naissance de cette discipline a vu le jour aux états unis dans les années 50 et a commencé à envahir l’Europe dans les années 60. Réservée aux plus fortunés, elle se démocratisera avec l’arrivée, fin des sixties, du matériel provenant du Japon lequel a exporté massivement du matériel de grande qualité aux prix « ridicules » de quelques mois de salaire. Ils ont réduit les coûts au prix d’une petite voiture là où ils flirtaient avec celui d’une belle maison.

Les années 80 seront les années de déferlante intensive du matériel Nippon où les prix se sont effondrés avec du matériel de plus en plus élaboré et de plus en plus abordable. Mais, il est vrai, pas toujours de bonne qualité.

L’arrivée du nouveau millénaire a vu l’apparition du dématérialisé qui a remis les choses en place ; l’hifi redevenait un marché de niche et les grandes marques Japonaises s’éteignaient les unes après les autres. Les prix flambent…

C’est enfin le retour du vinyle qui va rendre un second souffle à ce marché mourant où certaines marques vont ressusciter, mais les prix ne seront plus ce qu’ils étaient dans les années 80. C’est dans ce contexte, que chez nous, débarque la Chi-Fi, pour Chinese-Fidelity (oui, c’est complètement condescendant)

Nous assistons, depuis une dizaine d’années, à une révolution : La Chine, l’usine du monde, à force d’être sous-traitant, est au fait de tous nos processus de fabrication et de nos cahiers des charges. Bref, ils connaissent très bien notre culture et surtout les produits que nous attendons. A cela s’ajoute une vielle technologie qui, grâce à l’évolution informatique (qui a fait naître des transistors très performants en commutation), peut atteindre une qualité inégalée à prix réduit ; il s’agit de la technologie que l’on appelle « à découpage » (et non digital comme on le voit souvent). Oui, la fameuse classe D s’immisce dans l’hifi avec des résultats très surprenants pour un prix microscopique et une qualité intrinsèque sans cesse en hausse.

Si une grande partie des « mélomanes » s’oriente, entre autre, vers le vintage, avec ses nombreux inconvénients, d’autres saisissent l’opportunité offertes par ces « envahisseurs », celle d’un matériel souvent très performant au prix de l’entrée de gamme et surtout bien assemblé. Oui le matériel hifi Chinois est souvent de bonne qualité et certains vont même jusqu’à proposer des répliques (lire contrefaçons) de matériel de légende, avec le logo de la marque copiée. Bref, un marché florissant où on y trouve de tout ; de l’illégal au produit original et performant en passant par des bricolages douteux.

Que prendre ?

Bien, n’achetez pas directement sur les sites Chinois, les déconvenues y sont plus fréquentes (et c’est souvent illégal aux yeux de la TVA), même si de bonnes affaires sont possibles, mais passez plutôt par des importateurs européens qui ont vérifié la conformité du matériel et proposent la garantie que nous avons droit. Des marques comme Topping, S.M.L, Cayin, Yaqin, … sont sérieuses et même Auna (marque bas de gamme très gadget) propose un ampli hifi tout à fait correcte pour 90 €. Attention, pour les platines vinyles, là il vaut mieux faire confiance aux producteurs légendaires, même si des exceptions existent. Bref, un ampli Chinois, correcte en Classe D, coûte ± 100 € là où les marques japonaises historiques débutent à 300 €. Un ampli à tubes correcte, ± 700 € et un bon classe AB à transistors MOS ± 200 €

Certaines marques Chinoises font de bons hautparleurs et de bonnes platines, mais là c’est plus délicat et le matériel de chez nous a déjà un bon rapport qualité prix. Ne prenez donc pas de risques inutiles si vous n’avez pas les moyens ou renseignez-vous bien avant.

Reste le côté étique et écologique : là c’est à vous de voir, mais comme pratiquement tout vient déjà de Chine….

Orco, la pop chiptune avant la mode.

Edith disait « Chais pas son nom, je n’ sais rien d’ lui… » c’est un peu ce que l’on pourrait dire de Orco, groupe qui était hélas passé inaperçu lors des débuts de Jamendo et pourtant…

C’était une époque où naissaient les licences libres prometteuses d’un avenir radieux où certains ont pu acquérir une petite notoriété, à travers la planète, par des millions de téléchargements via les plateformes contestées. La guerre est finie et ce coup dans l’eau ne laissera finalement que peu de traces. La ferveur passée et déjà sont oubliés ces pionniers qui ont ouvert la voie de la musique libre et fait l’éloge des licences libres.

Orco faisaient partie de ceux-là dont ne semble subsister que les archives internet : https://archive.org/details/jamendo-000114/ et https://com.wstub.archive.org/details/jamendo-000130 et ceci http://www.tomtipunkrecords.net/?p=151

J’avais été très touché par « Sunny star » album pop aux couleurs chiptunes qui à l’époque ne passaient pas très bien auprès d’un plus large public. Pourtant cet album recèle des mélodies plus qu’agréables et une certaine originalité pour l’époque. Aujourd’hui la chiptune est plus en vogue.

Ce sont deux albums que je vous invite à découvrir, car ils dégagent une très agréable saveur de nostalgie. Un petit avant goût arbitrairement sélectionné

Orco – Snow on my TV

Ce titre faisait également partie d’une compilation K-Dopyleft où se trouvaient d’autres artistes tout aussi talentueux, mais on en reparlera une autre fois.

La fin des belles vielles machines sans Internet ?

Dans la musique assistée par ordinateur, la MAO, nombreux sont ceux qui utilisent les produits Apple. Si la marque à la pomme propose quelques avantages dans ce domaine par rapport à son concurrent historique, il y existe également de nombreuses contraintes liées à une certaine obsolescence. En effet, des très belles machines, comme les premiers Mac Pro de 2006 à 2008 restent encore relativement performantes, mais ne peuvent plus être mise à jour : ex. un Mac Pro de 2006 ne peut aller plus loin que Mac OS 10.7.x.

Mais pas seulement.

Sur les 3 principaux systèmes d’exploitation (OS), il se peut que vous ayez un matériel de rêve, mais qui ne soit plus compatible avec les nouvelles moutures d’OS. Vous voici donc contraint de rester sur un vieil OS 10.8, un vieux Windows XP ou un Ubuntu 10.4, ….

Autant de raisons qui vous isolent du monde extérieur. Oui, car le problème est bien là : la connectivité Web !

Bonne nouvelle, que vous soyez sur Power PC, Mac OS X ou Linux, un vieux Mac OS X 10.6 ou 10.7 ou encore un vieux XP il existe une solution pour rester connecté au monde extérieur.

Il y avait de nombreuses solutions pour les vieux Mac (Classiczilla, Ten four fox, PPC webkit, ….) mais tout cela s’est uniformisé avec deux chouettes produits : Arctic Fox (pour les 3 OS https://github.com/wicknix/Arctic-Fox/wiki/Downloads) et Pale Moon (pour Windows et Linux https://www.palemoon.org/)

Cela redonnera un navigateur Web presque à jour à vos vieilles versions de Mac OS, Linux et Windows et, par la même occasion, une nouvelle vie à votre machine.

Mais attention !!!!

Cela implique un risque : un OS qui n’est pas à jour est un OS qui court un risque de sécurité non-négligeable. Je préfère vous prévenir 😉

Fini les belles M-Audio Projectmix, les racks de Powercore ou Focusrite sans Internet !

Choisir une STAN, un combat des titans !

L’Allemagne est connue pour être le pays de la musique électronique et c’est ainsi que tout naturellement y sont apparus les premiers séquenceurs logiciels grand-public que sont Cubit et Notator, devenus respectivement Cubase et Logic.

L’arrivée du midi et la démocratisation de l’informatique, ont été une aubaine pour les musiciens, et les produits logiciels se sont diversifiés, entrainant de nouveaux acteurs sur le marché, dont d’incontournables dinosaures.

Il pourrait être difficile, aujourd’hui, de faire son choix face à l’abondance de l’offre, sachant que le choix d’une ou l’autre solution embarque pratiquement l’utilisateur sur une voie unique dont il est souvent difficile d’en sortir.

Aujourd’hui, on ne parle plus de séquenceur, mais de Station de Travail Audio-Numérique ou Stan pour les intimes. En effet, les produits concernés traitent tout autant l’audio que le midi et les synthétiseurs ne sont plus que des machines électroniques matérielles, ce sont aussi des greffons logiciel.

Voyons, en prenant ces critères, quel produit conviendrait le mieux :

  • Pouvoir utiliser aussi bien des synthétiseurs logiciels que matériels
  • Pouvoir enregistrer le son émis par ceux-ci, ainsi que d’autres instruments, y compris la voix
  • Dans le cadre de synthétiseur matériel, pouvoir sélectionner les « patches » facilement à partir du logiciel.

Certains de ces critères éliminent de très bons logiciels comme Presonus Studio One.

Ableton Live et Image Line FL Studio étant particuliers, je préfère les laisser de côté pour le moment. De ce fait, Il nous reste, pour les plus populaires : Cakewalk, Cubase, Logic, Reaper dont je vais un peu parler.

Bandlab Cakewalk pour Windows (gratuit après inscription)

Cakewalk est un pionnier, il fut l’un des premiers sous DOS et sous Mac, à encore exister aujourd’hui. Si Twelvetone, devenue Cakewalk n’existe plus, c’est à Bandlab que nous devons cette généreuse opportunité réservée à sa communauté.

Cakewalk est complet et puissant, il fut longtemps un sérieux rival à Cubase pour Windows offrant tout ce que peut offrir un logiciel haut de gamme. Déjà à l’époque ou il était payant, il était considéré comme ayant un excellent rapport qualité prix. Imaginez à présent qu’il est gratuit !

L’édition sysex des synthétiseurs matériels est facilitée par ce qu’ils appellent les « Studioware panels » dont on retrouve l’équivalent sur Cubase Pro et Logic.

Les plugins aujourd’hui livrés en standard datent un peu, il faudra donc penser à les compléter par des offres tiers. On peut également regretter que l’édition midi ne soit pas du niveau de Logic et Cubase, mais cependant suffisante pour créer des monuments musicaux.

Steinberg Cubase pour Mac et Windows (Elements < 100€, Artist < 350€, Pro <600€)

Pionnier des séquenceurs (fin 80 sur Comodore 64) Cubase est certainement le plus abouti, surtout au niveau du midi pour sa version Pro. C’est un des monstres de la composition musicale informatique. Très belle interface et une gestion des instruments matériels inégalée. C’est, avec Logic, ce qui se fait de mieux en la matière. Malheureusement, tout cela a un prix qui fait que les mises à jour vous font repayer l’entièreté du produit tous les 6 ans. La version Elements est sûrement la meilleure au niveau rapport qualité prix ; c’est une belle introduction, un peu limités certes, au monde Steinberg, tandis que la version Artist, moins limités, n’a que peu d’intérêts par rapport à son prix (sauf belle promo).

Si vous êtes amateur, avec des synthétiseurs équipés de tous les réglages en façade, et que vous voulez juste enregistrer le résultat proprement, ne cherchez pas plus loin : Cubase Element est sûrement la meilleure option parmi tous ces produits. Par contre, si vous voulez mixer vos pistes une par une en ayant le maximum de contrôle, il vous faudra passer à la version Pro et là, il va falloir assumer financièrement.

Le petit plus est son assistant à la composition et la gestion des accords qui peuvent aider certains compositeurs n’ayant pas toutes les notions d’harmonie.

Apple Logic X pour Mac (moins de 250€ en été 2020)

De C-Lab à Apple en passant par Emagic, Notator, aujourd’hui Logic, a su devenir, avec Protools, LE logiciel de référence des studios d’enregistrement.

Un peu différent de Cubase, au niveau de l’édition midi, Logic a des atouts indéniables : Une offre de plugin en qualité et en quantité incroyable, une puissance d’édition et un workflow inégalable. Rien qu’avec Logic, sans instrument et plugin tiers, on peut créer des productions aux finitions irréprochables. Tout y est non destructif (sauf l’édition « chirurgicale » des événements). Une véritable usine à gaz qui continue d’évoluer, Apple est, là dessus, très à l’écoute de sa communauté.

Le seul point faible : l’édition des instruments hardware semblant abandonnées et n’évoluant plus. Cela pose des problèmes pour les machines ayant de très nombreux présets, on ne peut pas faire de recherche comme dans Cubase. En suite, Apple oblige, ce n’est disponible que sous Macos.

Mise à part ça, c’est probablement le meilleur produit et le plus complet pour la création et la production musicale, pour un prix finalement dérisoire.

Cockos Reaper pour Mac, Windows et Linux ( 60€ ou 225€ en fonction du chiffre d’affaire)

Un ovni récent et des développeurs très à l’écoute de leurs utilisateurs, mais aussi une interface un peu particulière d’une puissance remarquable. Malgré tout, l’édition midi est un peu archaïque, mais le produit est tout aussi jeune que prometteur. Quoi qu’il en soit, c’est aussi une usine à gaz très « paramètrable » avec laquelle on peut tout faire. Idéal pour le geek passionné.

Reaper demande un certain apprentissage qui vaut la peine, car une fois maîtrisé, rien ne peut vous arrêter. Surtout que les développeurs sont très réactifs.

C’est vraiment un excellent produit, mais qui demande un investissement intellectuel un peu plus poussé pour comprendre la logique du système.

Cas particulier Harrison Mixbus pour Mac, Windows et Linux (prix entre 29€ et 349€ en fonction des promos et des versions)

Basé sur Ardour (produit Opensource), Mixbus est d’inspiration Protools, offrant la philosophie des consoles Harison (et le son, selon son fabriquant). Le midi est un peu basique, mais on a la gestion des Patches ! Ce produit peut être une belle alternative sous Linux par les plugins (payants) disponibles par le même développeur.

Alors, quel produit choisir ?

A mon sens, si vous avec des expandeurs, des claviers, … :

  • Vous êtes fauché et sous Windows, sans aucun doute, Cakewalk et vous ne vous priverez de rien
  • Peu fortuné et pas très geek, alors Cubase Elements, mais Cakewalk reste aussi un très bon choix
  • Vous êtes sous Mac et maitrisez bien l’harmonie et la composition, vous voyez grand et n’avez pas d’expandeurs à plus de 1000 sons ? Logic est fait pour vous, sans hésitation. C’est probablement le puissant de tous
  • Investir ne vous fait pas peur, vous avec des expandeurs aux miles sonorités, Cubase est un bon choix (Cakewalk aussi si vous êtes sous Windows)
  • Il vous faut un produit souple et puissant, personnalisable à souhait et vous êtres un peu geek, alors n’hésitez pas, Reaper est le bon choix

Si vous n’utilisez pas d’instruments midi matériels, il y a aussi d’autres produis, très très bons comme Presonus Studio One. Mais si dans ce cas vous cherchez quelque chose de plus évolué et que vous êtes sur Mac, alors voyez du côté de Logic, là il n’a plus de contraintes dès que l’on utilise pas ou peu d’expandeurs matériel.

Comme vous l’aurez compris, les plus aboutis sont Logic et Cubase Pro. Logic ne nécessite pas de plugins tiers tant il est très très complet.
Cakewalk est vraiment excellent, un peu en retrait par rapport aux mastodontes précédemment cités.

Notez que Logic est souvent présent dans les studios pro, bien que Protools y domine en maître. Cubase s’y trouve également sous la formule Nuendo, mais moins fréquent.
Aussi, toutes ces versions ont un format commun le OMF ou encore le Music XML, pratique pou échanger entre les différents produits, enfin en théorie.

Section 25, une histoire de famille…

C’était au milieu des années 80, époque où j’écoutais la radio en noir et blanc émise depuis Mont Ste Aldegonde : la fameuse Radio TLM. En fait, j’écoutais surtout une émission qui passait le soir, nommée si mes souvenirs sont bons Standing Stone. Deux demoiselles passaient, parfois en boucle, quelques titres plus « underground » que je n’avais alors entendu que là.

Parmi ces titres, il y avait un tube anglais qui m’avait hypnotisé. Une voix très douce, basse à l’arpégiateur et des nappes en mode mineur accompagnés d’effets synthétiques.

Le voici :

Looking from a hilltop

Je n’étais jamais parvenu à trouver le LP, jusqu’à la popularisation de l’Internet.

De ce que j’ai appris, Section 25 est né dans la Factory de Manchester, là où Joy Division se produisait. C’est d’ailleurs Ian Curtis, les a produits pour leur premier « 45 ».

Au départ, en 1977, juste les frères Cassidy, puis est venu Paul Wiggin jusqu’en 1982 et d’autres. Mais leur « tube » viendra en 1984 avec la venue d’Angela Flowers et Jenny Ross, future épouse de Larry Cassidy et auteure de ce fameux « Looking from a hilltop ».

Le couple fera bande à part avec Love and Hate et ce sera la mise de côté de Section 25 jusqu’au début 2000. Malheureusement ce retour sera perturbé par le décès prématuré de Jenny Ross.

Les choses ne se sont pas arrêtées là, la jeune Bethany avec une voix très proche de sa mère prendra la relève. Même le décès du père en 2010 ne mettra même pas fin au groupe, lequel continuera avec Joanna, la sœur de Bethany et bien entendu le tonton présent depuis 1977.

Une véritable histoire de famille. Il est rare que la continuité d’un tel groupe soit transmise en « héritage ».

Section 25 est devenu plus électro que jamais depuis l’album « Retro fit ».

Vous pouvez aussi les retrouver sur Bandcamp où deux albums sont disponible à l’écoute.

https://klanggalerie.bandcamp.com/album/elektra

https://klanggalerie.bandcamp.com/album/eigengrau

Mais aussi sur leur canal Youtube

Wardance it’s a new dance…

1978, Plastic Bertand avait emboîte un premier pas dans la pop synthétique belge avec son « Tout petit la planète », dont le son du Moog résonnera encore quelques années plus tard.

4 années passent et sort de la scène underground un album très particulier « The right to die ». Si Renaud disait à l’époque « Je suis une bande de jeune à moi tout seul », Marcel Thiel aurait pu ajouter « Je suis un groupe à moi tout seul ».

Venu de la scène punk en tant que bassiste dans le groupe Chainsaw, Marcel Tiel aka Micky Mike forme à lui seul le groupe Snowy Red qui restera plutôt confidentiel au début des années 80, mais qui sera une référence à la fin de cette décennie avec son fameux tube « Euroshima » acclamé par la scène New Beat.

Euroshima version 1982

Décédé en mai 2009, Micky Mike aura laissé une petite discographie fort sympathique et si « Euroshima » a un petit air de famille avec le tube électro de Plastic Bertrand, le reste est relativement différent et vaut le coup d’être écouté. Surtout si vous êtes fan des débuts de la « synth pop » du début des années 80.  Tout aussi minimaliste qu’efficace, Snowy Red c’est le charme d’une époque hélas masquée par les vedettes du moment, que je vous invite à redécouvrir.

La chaine de Snowy Red

Mac OS est-il plus avantageux que Windows pour la musique ?

Avant-propos

Loin de moi l’idée de créer une polémique sur Windows-Mac OS, car les deux plateformes ont leurs avantages respectifs (y compris en musique) et ces avantages résultent d’un choix stratégique qui font que ces plateformes ont des avantages très ciblés du fait qu’elles ont été conçues pour des usages bien définis.

Le Mac pour les musiciens

S’il est de notoriété que le Mac est cher, pourquoi le voit-on si souvent auprès des musiciens ? Simple habitude du passé ? Pas tout à fait !

Remontons aux prémices de Mac OS X, l’époque où régnait dans le monde Apple Mac OS 9 très apprécié des musiciens. A cette époque, tout comme sur Windows, des outils tiers étaient indispensables pour ceux qui voulaient manipuler de nombreux instruments midi. Ceux qui ont connu cette période se souviennent sûrement de OMS (Open Music System) de Opcode System, de Free Midi de Mark of the Unicorn et autres…

Tout comme Windows, Mac Os Classic (les versions précédent OS X) n’était pas conçu pour la musique, tout a été « rajoute à posteriori » ! C’est pourquoi avec l’arrivée d’OS X, Apple avait décidé de bien faire les choses et de créer une couche logiciel, intégrée à l’OS, pour les musiciens : Core Audio et Core Midi. Ils ont d’ailleurs débauché des ingénieurs de chez Opcode System pour la réalisation de cette couche très élaborée.

Notons que Microsoft avait fait une tentative en ce sens avec Direct X, mais ça a visiblement été boudé par les développeurs, bien que la gestion des plugins audio soit bien pensée : Peu importe le dossier où la librairie se trouve, c’est l’appel à la couche Direct X qui gère tout.

Et oui, point d’Asio®, point de Asio4All®, ni d’utilitaire pour des agrégats de cartes son ou pouvoir utiliser plusieurs applications audio en même temps en faible latence sur la même interface audio. Tout ça c’est inclus dans Core Audio.

A la question, il y a-t-il un avantage à utiliser un Mac pour la musique ? Oui, certainement ! Mais il y a aussi un avantage à utiliser un PC Windows pour la musique, par le simple fait du rapport prix/puissance et le fait que l’on puisse mettre des cartes son PCIe sur un PC à moindre coût.

Petite anecdote (qui ne fait pas foi)

J’avais définitivement abandonné le PC en 2008 après 4 années à cheval sur les deux plateformes. Ce mois-ci, j’ai à nouveau essayé Windows sur un Dell Optiplex 7010 i5 tout à fait comparable (au niveau performances) à mon Mac Mini i7 de 2012. Les 2 OS dans leur dernière version à jour.

Sur le Mac, le branchement de la carte son ne nécessite pas de pilotes et peut fonctionner derrière un hub USB. Je l’ai branchée et hop, c’était parti. Sur le Dell, j’ai branché la carte son, installer les pilotes et dû la retirer du Hub pour la connecter directement.

Ensuite, j’ai lancé Cubase 6.0.7 et voulu lancer Sonar de Bandlab et j’ai eu un message me demandant de changer d’interface audio, car celle-ci était déjà prise. Sur Mac Logic X, Cubase 10 et Studio One peuvent fonctionner en même temps et avoir accès aux mêmes ressources.

J’ai acquis une Behringer XTouch, elle est en réseau. Sur Mac, le RTP est natif, tandis que sur Windows, il a fallu installer un appli tiers, tout comme pour une ancienne carte USB Akai où il a fallu Asio4All sur Windows.

Aussi, chose toujours étonnante en 2020, à paramètres égaux et en USB, la latence est plus faible sur Mac que sur Windows, 11ms contre 18ms. Probablement une meilleure optimisation de la pile USB.

En résumé, sur Mac, j’ai branché la carte son et ça a tout de suite fonctionné. Sur le Dell, j’ai dû ajouter des applications tiers et la retirer du Hub pour la mettre en directe. On voit que le système Apple a été conçu et assez bien optimisé pour la musique et bien souvent, tout fonctionne du premier coup. Chez Microsoft, laisse plutôt le soin aux tiers de gérer ça.

Ca s’est souvent passé comme ça, pour ma part, sur Mac et sous Windows.

De ma modeste expérience : est-ce que Mac est mieux que Windows ?

Non, pas forcément, c’est une question de cible. Disons que c’est plus délicat sur plateforme Windows où il vous faut optimiser vous-même le système pour avoir les meilleures performances, c’est moins « plug and play » !

Maintenant, face au coût d’Apple, certains musiciens abandonnent la plateforme pour Windows où la puissance est à moindre coût et en sont tout à fait ravi. C’est vrai que les 2000€ de prochain Mac Mini qui m’intéresse me font réfléchir. Mais bon, je suis plutôt Logic !

Pourquoi Windows n’est-il pas conçu pour les musiciens ?

Le monde Microsoft est énorme et il le gère plutôt bien. Windows est un OS généraliste, tellement généraliste, qu’il faille l’adapter à nos besoins parfois spécifiques. Ce que des développeurs tiers font très bien.

Chez Apple, la cible est aussi le milieu artistique : Photo, Vidéo, Prépresse, Graphisme, Audio et les vieux gâteux comme moi. Mac OS n’est pas ce qu’il y a de plus généraliste, il y a même des domaines où il est carrément exclu ! De ce fait, il vaut mieux qu’il fasse très bien ce pourquoi il a été conçu !

Ce qui est sûr en musique, c’est que Windows peut faire tout aussi bien que Mac, mais pas en mieux. Mais ça a un prix !

Allez, cette fois JV


On finit souvent par se lasser du rendu sonore de nos instruments, mais avec du recul…

Comme je le répète souvent, j’ai abandonné les instruments virtuels pour de très nombreuses raisons, dont la pérennité des travaux, parfois impossibles à reprendre quand un produit n’est plus développé. Cas que j’ai encore rencontré cette nuit avec un fichier datant de 2015.

De ce fait j’ai renoué avec « le hardware » et parfois du bon vieux clavier ou module du début des années, 90 ça peut faire plaisir. Mais une chose a changé depuis.

Jusque-là, j’avais presque toujours utilisé les « presets » du fabricant, mais avec ce retour en force sur le matériel, je suis de plus en plus dans l’édition de mes propres « patches » et je découvre des pépites que j’avais jusqu’à là ignorée.

Il y a encore 10 ans, je trouvais mon Roland JV-1010 totalement dépassé face à l’offre des « plugins » même gratuits, le redécouvrant aujourd’hui, je me rends-compte à quel point je m’étais leurré. De même que le Korg X3 que j’ai baptisé boomerang, parce qu’à chaque fois que je le donnais, il me revenait. Oui, les sons d’usines sont totalement dépassés, mais dépassés pourquoi ? Parce que ça sonne comme toute une époque où presque tout le monde se contentait, comme moi, des présélections d’usine.
Nous avons donc été bassiné avec ces « patches » faits par la firme.

Pourtant, Roland nous l’avait bien expliqué et nous avait même offert le fameux « Sound Diver d’Emagic » pour que nous éditions nous-même cette petite boîte.

Qu’a-t-elle donc sous le capot ?

Eh bien, comme toute machine JV ou XP (y compris les séries XV, Fantom, …) 4 oscillateurs à base d’une tonne de formes d’ondes, 2 LFO, une section filtres, des enveloppes ADSR, TVA et TVF (Time Voltage-controled Amplitude/Filter), un simulateur analogique (un trémolo quoi), un super multi effet (en plus de la reverbe et du chorus), … Bref, il ne s’agissait pas d’un « rompler » mais bien d’un synthétiseur à synthèse soustractive très puissant.

C’est quoi un « rompler »

Ah oui, un « rompler », c’est comme un échantillonneur « sampler », mais au lieu de lire des échantillons que l’on enregistre soi-même, il va les chercher dans une mémoire morte, appelée ROM. On remplace donc le « sample » (échantillon) par « romple » (mémoirillon ?).

J’ai eu des « rompler » et à l’époque, ils me convenaient très bien : Yamaha DB50XG, MU90R et Roland SC88, U220. Mais pour ceux-là, les sons sont figés et on peut à peine les modifier.

Si c’est le son qui marque l’époque, alors faisons en sorte qu’il y en ait le plus possible, comme ça, il sera difficile de repérer l’époque et plus rien ne sonnera périmé.

Malheureusement, connaissant moins bien Yamaha, excepté pour la série DX et TX, je n’ai pas de modèle à vous conseiller, mais pour ce qui est de Korg et Roland, tous les Korg dont on dit que la synthèse est AI2 et Roland JV, XV, XP, Fantom, D sont incroyablement éditables. De nombreux artistes les utilisent à nouveau et pour de nombreux modèles, la cote grimpe.

Il y a eu une forte vague de retour de l’analogique et je ne serai pas surpris que ces machines numériques des années 90 fassent, elles aussi, leur retour en force. D’ailleurs, je lis souvent que ceux qui avaient mis ce matériel au grenier, sont toujours surpris par le punch lorsqu’ils le ressortent.

Ah oui, j’oubliais l’essentiel : les éditeurs.

CTRLR JV Editor

La preuve du regain d’intérêt pour ces ancêtres, de plus en plus d’éditeurs voient le jour sur les principales plateformes. Il y a le coûteux et relativement exhaustif Sound Quest, mais surtout la série CRTLR et le petit dernier Edisyn en Java et en open source s’il vous plait.

Peut-être est-ce une bonne occasions de retrouver ce matériel avant que la cote et la spéculation ne les rendent impayables, comme le Roland JV1080, D(5)50 et le Korg M1.

Moi dès que je me serai refait, ce sera un EMU ESI 32, j’en entends que des éloges de ceux qui le ressortent.